Saint-Michel_2

 

Inauguration de la Phase I de l'
hôpital Archange Saint-Michel à Sola (RDC)

24 et 25 octobre 2015 

chants - Copie

Animation par la chorale

20151025_133431 - Copie

Les chefs coutumiers Bahemba avaient répondu à l'invitation

 

FONDATION DES AMIS DU
PERE MWISHABONGO MUKWANGA NORBERT
« FAPMMN » en sigle

Statut Juridique : ASBL Fondation

Certificat d’Enregistrement N° MS.1255/DSSP/30/028 du 08 Février 2013

Arrêté Ministère de la Justice et Droits Humains

N° 160/CAB/MIN/J&DH/2013 du 20 Mai 2013

===========================================================================

Siège Administratif :                                                                                Siège social : 

C/0 Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs)                                          Sola – Territoire de Kongolo

136 Avenue Kasaï – Lubumbashi                                                            Province du Katanga

République Démocratique du Congo                                                    République Démocratique du Congo

FAPMMNprojetsola@yahoo.fr                                                               FAPMMNprojetsola@yahoo.fr

FAPMMNprojetsola@gmail.com                                                           FAPMMNprojetsola@gmail.com

http://blogdesola.afrikblog.com/                                                         http://blogdesola.afrikblog.com/ 

Discour du p+¿re Norbert - Copie 

DISCOURS DU PERE FONDATEUR ET PRESIDENT DE LA FAPMMN
A L’OCCASION DE L’INAUGURATION DE L’
HÔPITAL ARCHANGE SAINT-MICHEL DE LA FAPMMN A SOLA,
24-25 Octobre 2015
 

DISCOURS PRONONCE LE 25 OCTOBRE 2015 

Père Norbert MWISHABONGO MUKWANGA

Fondateur et Président

  • Monsieur le Représentant du Ministère de Santé Publique ;

  • Son Excellence Monsieur le Chef de Division Unique de la Province de Tanganyika ;

  • Monsieur l’Abbé Fulgence représentant de son excellence Monseigneur l’Evêque du diocèse de Kongolo ;

  • Différentes personnalités de la Fondation des Amis du Père MWISHABONGO MUKWANGA Norbert ;

  • Monsieur l’Administrateur du Territoire de Kongolo ;

  • Monsieur le Colonel de la Police Nationale du Territoire de Kongolo ;

  • Monsieur le Procureur du Tribunal de Paix de Territoire de Kongolo ;

  • Monsieur le Représentant de la Munusco ;

  • Messieurs et Mesdames les Représentants des divers services publics territoire de Kongolo ;

  • Monsieur le Médecin Chef de Zone de santé de Kongolo ;

  • Révérends Pères, messieurs les Abbés, révérendes sœurs ;

  • Monsieur le Chef de la chefferie de N’Kuvu ;

  • Messieurs les Chefs des chefferies Hemba ;

  • Monsieur le Chef de la localité Kibungo ;

  • Différents invités ;

  • Mesdames et messieurs ; 

Puis-je vous demander, une minute de recueillement et silence en l’honneur de la Sœur Godeliève MANGABU, Trésorière de la Fondation ; décédée le 22 Juin 2014 ; du Père Baudouin Waterkeyn membre signataire des statuts de la Fondation, décédé le 19 Novembre 2014 et de certains personnels qui ont travaillé à la construction de l’hôpital et qui sont décédés non sur le chantier mais à divers endroits ! (PAUSE). 

 

                 DSCN1745ext    Soeur Godelieve_r

 

Mesdames et Messieurs ;

Dans son testament, Patrice Emery LUBUMBA alors en prison avait écrit, je cite : « … Que puis-je dire d’autre ? Que je sois mort ou vivant, libre ou prisonnier …, ce n’est pas ma personne qui compte, mais le Congo et notre pauvre peuple… A mes fils, que j’ai quittés peut-être pour ne plus jamais les revoir, je veux qu’on dise que l’avenir du Congo est beau et qu’il attend d’eux et de tous les Congolais la réalisation de la tâche sacrée de reconstruire notre indépendance et notre souveraineté … ».

De son côté, Mahatma Gandhi disait, je cite : « Nous devons être le changement que nous voulons voir dans le monde ». Et Laurent GOUNELLE de commenter que « … le changement ne viendra        pas des autres. Tout changement doit venir de l’intérieur de soi, pas de l’extérieur... »

Anne-Dauphine JULLIAND dans son livre : « Une journée particulière », commentant le poème de William Ernest disait que les événements de l’existence ne nous dépossèdent pas de notre vie. Comme le capitaine d’un navire ne décide pas de tempêtes qui agitent la mer et malmènent son embarcation ; Il n’en reste pas moins maître à bord, Barre en main, il décide des actions à effectuer pour sauver son bateau. Vous savez, nul ne choisit les épreuves de sa vie, néanmoins, nous pouvons choisir la façon dont nous allons les vivre, Ou essayer de les vivre. Essayer chaque jour, tomber souvent, perdre courage parfois, mais s’accrocher toujours.

Tout ceci n’est que l’histoire de « Seule une vie vécue pour les autres vaut la peine d’être vécue », ma devise sacerdotale.

Mesdames, Messieurs ;

Par sa profondeur sémantique notre hymne nationale : le debout Congolais, est un plan d’action bien structuré pour bâtir notre pays la RD Congo, le développé, protéger son intégralité, sa liberté, etc. Cette hymne est une invitation pressante à tout Congolais-Congolaise à dresser son front, et pour de bon, prendre le plus bel élan dans la paix pour que, par le labeur il bâtit un pays plus beau et que dans la solidarité, il participe au développement intégral du pays et assure sa grandeur.

Néanmoins, qu’avons-nous fait et que faisons-nous de notre pays et son plan d’action : l’hymne nationale? Que léguerons-nous à notre postérité ? La misère perpétuelle pour un si riche pays qu’est la RD Congo et l’appel à rester toujours les fronts courbés ?

Le vécu quotidien du Congolais et de la Congolaise, la situation sociale, l’état physique des lieux et infrastructures routières, sanitaire, d’éducation, etc., du moins dans  les zones enclavées comme le Buhemba, Sola en particulier, nous facilitent la réponse :

La légende de notre drapeau : « Le bleu ciel symbolise la paix, la bande rouge représente le sang des martyrs, la couleur jaune est le signe de la richesse du pays tandis que l’étoile jaune renvoie à un pays uni promis à un avenir radieux. » ne peut être réalité que si tous et toutes nous nous engageons pour concrétiser ce message si profond et si riche de valeur et de fierté Congolaise.

Mesdames et messieurs,

Depuis un certain temps certains signes (si peu et lents sont-ils), nous donnent l’espérance d’un pays qui se bat pour la démocratie et le développement, l’espérance d’un avenir meilleur pour notre cher pays, l’espérance d’une mise en réalité de notre hymne et légende de notre drapeau. Prenons donc avec courage et détermination la route du développement, liberté et libération, paix, unité et intégrité de la patrie. Prenons avec courage et détermination la résolution de travailler pour la dignité et l’essor du peuple congolais. Prenons le courage de nous battre contre toute injustice humaine et sociale et toute sorte de corruption.

Sauf erreur de ma part, le Président John KENEDY des Etats Unis d’Amériques disait, je caricature : « Ne me demandez pas ce que je ferai pour vous, demandez-vous plutôt ce que vous allez faire pour les Etats unis et ce qu’ensemble nous pouvons faire. »

Sans aucune prétention de comparaison à John KENEDY, je voudrai dire, ne me demandez pas ce que je ferai pour vous mais demandons-nous ce que nous ferons ensemble pour Sola, N’Kuvu, Buhemba, le territoire de Kongolo, la province de Tanganyika, le grand ensemble Katanga et enfin toute la RD Congo.

Avec le concours des partenaires et le soutien de mes noyaux à Sola, Lubumbashi, Kinshasa et ailleurs, je construis l’hôpital Archange Saint Michel au lieu de construire la maison de ma mère qui est en paille et qui me coûte cher chaque année pour le renouvellement de la toiture. J’ai fait le choix de m’investir pour la santé (qui est prioritaire), l’éducation et le développement socio-économique partant de Sola, au lieu de booster la condition sociale et économique de ma famille.  Voulez-vous vous joindre bénévolement à moi et aux membres de ma Fondation pour la santé, l’éducation et le développement socio-économique ? 

Le fameux refrain de Martin Luther King disait : « I hâve a dream … » «J’ai fait un rêve ».

Puis-je aussi me permettre d’imiter Martin disant … !’ « J’ai fait un rêve … » que la population du Buhemba en général, celle de Sola en particulier s’investira volontiers dans les actions pour la promotion de sa santé, son éducation et son développement intégral… comme elle est la première bénéficière de la mission et des objectifs de la FAPMMN ;

J’ai fait un rêve que la population du Buhemba, celle de Sola en particulier abandonnera son esprit des conflits, guerre, haine, empoisonnement, … pour promouvoir le dialogue, la paix, la cohabitation pacifique, etc., et pour de bon prendre le plus bel élan pour l’essor du Buhemba et son développement intégral ;

J’ai fait un rêve que les chefs des chefferies hemba en particulier celui de la chefferie N’Kuvu s’investira comme il s’investit déjà, dans le développement intégral de leur chefferies et qu’ils sensibiliseront les notables, les chefs des villages, des groupements, etc., et toute la population dans la prise en charge personnel et la participation active dans le développement, la propreté, l’hygiène, etc., de leurs milieux, etc.

J’ai fait un rêve que la population de Sola et d’ailleurs toutes les couches sociales confondues, comprendra que je ne suis pas un bailleur des fonds mais, un chercheur, demandeurs des fonds pour la suite des projets de ma Fondation en faveur de la population ;

J’ai fait un rêve que la Fondation poursuivra ses actions jusqu’à l’aboutissement complet, qu’elle les étendra dans d’autres lieux et qu’elle continuera à chérir, préserver … sa mission et ses objectifs même s’il arrive que demain ou après demain le Seigneur m’appelle pour plus de service auprès de lui.

Ceci est mon espérance, notre espérance. C'est la foi avec laquelle j’envisage l’avenir. Avec cette foi, nous pourrons sculpter dans la montagne du désespoir la stèle de l'espoir. Avec cette foi, nous pourrons transformer les discordes cacophoniques de notre mentalité hemba en une mélodieuse symphonie de fraternité. Avec cette foi, nous pourrons travailler ensemble, prier ensemble, lutter ensemble, aller en prison ensemble, défendre ensemble la cause de la promotion de la santé, de l’éducation et du développement socio-économique. 

Mesdames et Messieurs ;

Ma Fondation est composée :

A. Des membres effectifs :

  • Corneille MUGIMBA, Vice-président ;

  • Benoît MUKWANGA, Secrétaire général ;

  • Charles YEZI, Chargé des relations publiques ;

  • Justin MBARUKU, 2ème conseillé ;

  • Suzanne CHUNGU, Assistante trésorière ;

  • Godefroid BWE et Dieudonné MPUTA : Logisticien et vice-logisticien ;

  • Suivant notre constitution, la charge du 1er Conseiller est réservée, après nomination, au Père Provincial des Pères Missionnaires d’Afrique de la Province d’Afrique Centrale. Le Père François-Xavier BIGEZIKI est l’actuel 1er Conseiller.

 

B. Des membres d’honneur :

 

peuvent aussi appartenir à cette catégorie.

 

C. Enfin, des membres Adhérents. 

 

Mesdames et Messieurs,

 

Que l’occasion me soit à présent accorder pour reconnaître d’une manière officielle le concours combien décisif de tous les partenaires qui me font confiance et qui s’engagent pour soutenir ma Fondation dans sa mission et ses objectifs en faveur de la vie et du peuple pour lequel nous nous consacrons.

 

Mes remerciements s’adressent en premier lieu à Dieu source de toute grâce et à la Congrégation des Pères Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs) à travers la Province d’Afrique Centrale.

 

Mes remerciements vont à la S.C. qui nous a permis grâce à la subvention que nous avons reçue de sa part, de financer l’envoi du premier container 2013 du Nord de la France à la Frontière Kasumbalesa et de construire l’hôpital Archange Saint-Michel ;

 

Mes remerciements vont à l’ATM notre partenaire français qui malgré ses multiples responsabilités et engagements en particulier au Madagascar, s’investit physiquement et financièrement dans la mission et les objectifs de la FAPMMN. Qu’à travers l’ATM, les nombreux bénévoles qui sélectionnent et chargent les containers soient congratulés ;

 

Merci à l’honorable D. MUTOMBO, Gouverneur de la BCCO qui a payé l’intégralité des frais du transport du container 2015, de la Frontière RDC à Sola. Honorable, nous comptons sur votre soutient pour la suite de nos activités du développement ;

 

Mes remerciements vont au ‘Washington Development office’ un bureau constitué des amis des Pères Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs) ; pour avoir financé la construction de la fondation de l’hôpital en 2013 ;

 

Mes remerciements vont aux Secteurs Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs) d’Allemagne, de Belgique et de Lubumbashi pour leur concours dans la mission et les objectifs de la Fondation ;

 

Merci à l’ami X.D. pour ses conseils, son engagement et sa participation dans les activités FAPMMN ;

 

Merci à l’Association Versailles – Afrique dont le couple président : Mr Philippe et Mme Catherine Domergue sont ici parmi nous et à qui je demande de se lever pour qu’on les salue. L’Association Versailles-Afrique avait participé dans les frais de transport container 2013 Lubumbashi –  Sola ;

 

Merci aux amis et amies Français, Belges, Allemands, Kenyans etc., qui participent aux actions du développement, de la santé et de l’éducation par la Fondation. Nous avons parmi nous Mme Susan OUMA qui a fait le voyage en bus et voiture de Kenya Nairobi à Sola. Je lui demande de  se lever pour que nous la saluons. (Mum, please stand up so that we greet you !) ;  

 

Merci au Ministère de la Justice et Droits Humains RD Congolais qui, au nom du Gouvernement RD Congolais, a reconnu l’existence de la Fondation lui accordant le 20 mai 2013, la Personnalité Juridique au titre d’une ASBL Fondation ;

 

Merci au Ministère de la Santé Publique RD Congolais qui a accordé l’Avis Favorable à la Fondation pour la construction d’un hôpital à Sola et sa mise en service intégral. Par ce même effet, le ministère a accordé à la Fondation dans son volé santé, un numéro d’enregistrement au ministère. Avec ce ministère et étant donné la stratégie nationale pour la santé …, nous concluons une convention de partenariat entre nos deux parties : le Ministère et la Fondation ;

 

Merci à l’Ambassade de l’Ordre Souverain de Malte par qui nous bénéficions le service de dédouanement et transport en sécurité de nos matériels pour nos activités sanitaires, sociales, développementales, bref humanitaires. Qu’à travers l’AOSM, la GTS soit remerciée ;

 

Merci à la communauté des sœurs Franciscaines présente à Sola pour son hospitalité et ses nombreux services. Nous espérons que le jour viendra que nous pouvons marcher ensemble ;

 

Merci au Chef Mukelenge NSUBU IV, chef de la chefferie N’Kuvu pour sa collaboration, sa participation et son engagement personnel pour le développement de sa chefferie ;

 

Merci à tous ceux et toutes celles qui de loin ou de proche ont travaillé ou travaillent bénévolement ou à coup réduit, pour que la FAPMMN progresse dans sa visibilité d’action en impactant positivement la vie de la population ;

 

Merci à chacun et chacune de vous ici présent. Qu’il plaise à Dieu que vous soyez tous et toutes ambassadeurs de la paix, la réconciliation, le progrès, la cohabitation pacifique, l’amour mutuel, le respect du bien commun, le développement, etc.

 

Que Dieu vous bénisse tous et toutes, vive la République Démocratique du Congo ! 

 

Prononcé à Sola, le 25 Octobre 2014, 

 

Par

  Le Fondateur et Président 

 

Père Norbert MWISHABONGO MUKWANGA Norbert

 

Missionnaire d’Afrique (Père Blanc)


 Discour du prof Yezi - Copie 

 

DISCOURS PRONONCE A L’INAUGURATION DE 
L’HOPITAL DE LA FONDATION A SOLA
 
par le Professeur YEZI Pyana-Fumu Charles

 

--- Monsieur le Représentant du Ministre de la Santé Publique ;

 

--- Son Excellence Monsieur le Chef de Division Unique de la Province de Tanganyika ;

 

--- Monsieur le Représentant  de Son Excellence Monseigneur  Ngoy Oscar, Evêque du

 

     Diocèse de  Kongolo ;   

 

--- Différentes personnalités de la Fondation des Amis du Père Mwishabongo Mukwanga     

 

      Norbert ;

 

---  Monsieur l’Administrateur du Territoire de Kongolo ;

 

---  Monsieur le Colonel de la Police Nationale de Kongolo ;

 

 --- Monsieur le Procureur du Tribunal de Paix de Kongolo ;

 

--- Monsieur  le Représentant de la MONUSCO ;

 

 --- Messieurs et Mesdames les Représentants de Divers Services Publics ;

 

  --- Monsieur le Représentant du Médecin Chef de Zone de Santé de Kongolo ;

 

  --- Révérends Pères, Messieurs les Abbés, Révérendes Sœurs ;

 

  --- Monsieur le Chef de la Chefferie de Nkuvu ;

 

  --- Messieurs les Chefs des Chefferies Hemba ;

 

 ---  Monsieur le Chef de la Localité de Kibungo ;

 

  --- Mesdames et Messieurs,  

 

              Nous le savons tous, l’être humain a une vie double : celle spirituelle, gérée par la Bible et la religion, et celle corporelle, qui mobilise l’attention de chaque individu concerné, de sa famille et de son Etat. En ce jour, ici et maintenant, nous prenons en considération la seule vie corporelle ou matérielle, connue par ailleurs pour la précarité de son épanouissement.  

 

                L’être humain, nous le savons aussi, est principalement préoccupé par son bonheur, par le souci de mener une vie heureuse, pleine de chance et d’évènements favorables. Mais à quelles conditions ce bonheur peut-il  être obtenu ? A cet effet, il existe trois conditions fondamentales :  

 

                 Première condition : il faut « avoir une bonne santé physique », c’es-à-dire  jouir d’un bien-être physique, qui suppose l’absence non seulement de maladies, mais aussi de leur menace prévisible. Si l’individu venait à tomber malade, la condition de la bonne santé exige qu’il soit l’objet de soins médicaux efficaces. 

 

              Or, nous constatons que la population de Sola, celles  du Buhemba et des contrées environnantes ont d’énormes difficultés, pour accéder à des soins équitables, soit par absence de formations médicales, soit par manque d’équipements et de médicaments, soit encore par modicité de moyens financiers, ne permettant pas  de se payer des soins de qualité. La conséquence est qu’il y a beaucoup de décès indus ou prématurés, alors que l’espérance de vie est réduite à plus ou moins 47 ans en moyenne.  

 

             La Bible, dans  son livre des Psaumes,…dit : « La somme de nos années, c’est 7o ans, mais si  nous sommes solides 8O » Où sont donc passés les hommes et les femmes de Sola, ceux du Buhemba et des autres contrées, ceux qui ont 7O, 8O, 9O, 1OO, 11O ans ou plus ? Ils sont très peu, très rares, peut-être même inexistants dans  de cas bien précis, alors que de telles personnes se trouvent en très grand nombre en Europe et  Amérique, au Japon, en Inde et ailleurs. En attendant, ici chez nous, nous nous contentons d’un surnombre des jeunes, estimés à 9O %, sinon davantage. 

 

              La deuxième condition du bonheur est d’ « être bien entouré ». Il s’agit de vivre dans un milieu social, qui soit favorable, parce qu’il y règne l’harmonie avec les personnes appartenant à la  famille, avec des amis, des connaissances et autres, de manière à éviter toute tension, conflit et guerre. Mais, là aussi, ne manquent pas non plus d’aspects négatifs, fondés sur de fausses croyances, sur la peur des  sorciers et de mauvais esprits. Les hommes et les femmes de Sola vivent dans une angoisse permanente, venant de l’ignorance de leur propre environnement. D’où la nécessité urgente de leur apporter une instruction ciblée, afin de libérer leurs consciences. 

 

         Vient ensuite la troisième condition du bonheur, portant sur la possibilité de  « profiter de la vie ». Il est question de se trouver dans une situation, où l’on peut satisfaire pleinement ses besoins humains fondamentaux. Songeons aux  besoins naturels, comme nourriture, habillement, habitat… ; aux besoins sociaux, comme éducation, amusement, déplacement…  

 

            Or, il y a lieu de constater, dans ce domaine aussi, que les besoins fondamentaux de la population de Sola sont loin d’être  toujours assouvis d’une manière satisfaisante. Prenons, par exemple, le besoin de voyager ou de se déplace d’un lieu à un autre. Les habitants de Sola se butent contre l’absence de routes, non existantes ou mal entretenues, contre le manque des moyens de locomotion (véhicule, train ou avion), contre l’incapacité de payer le prix de transport, etc. 

 

           Voilà un certain nombre d’obstacles quotidiens, rencontrés par les ressortissants de Sola dans leur cheminement vers le bonheur, auquel ils ne cessent d’aspirer, comme tout autre être humain, mais sans réel espoir d’y parvenir. 

 

            Dans l’entre-temps est survenu un certain Père Norbert Mwishabongo Mukwanga, tout autant conscient des souffrances  affectant  les  populations de Sola et de la région environnante, tel que pouvaient aussi l’observer  d’autres témoins oculaires de la situation, étrangers ou non. Mais, au lieu de s’arrêter au seul constat de cette misère, le Père Norbert s’est senti en outre mobilisé pour une action humanitaire, susceptible d’y apporter un certain soulagement. Ses premières réactions en faveur de la population, plus intérieures qu’extérieures, eurent lieu face aux sévisses policières infligées à des  personnes innocentes, lors de l’agression rwandaise contre la R.D. Congo. 

 

               Cependant, une action plus décisive s’est manifestée plus tard. Après son ordination sacerdotale, faite à Sola, le 8 août 2009, alors qu’il était en route vers son lieu d’affectation, l’Algérie, le Père Norbert passa par Kinshasa. Il nous a rencontré et surtout intéressé à son projet grandiose, auquel nous avons adhéré volontiers, eu égard à une certaine identité bilatérale de pensées. Puis, le Père Norbert s’adressa à d’autres ressortissants de Sola que nous avons pu réunir à cet effet, à Kinshasa, pour un échange plus large d’idées communes et contradictoires. 

 

            Pourtant, tout avait été mieux accompli à Paris, en France, où il s’est ensuite retrouvé pour raison des soins médicaux. C’est là que, en 2012, il décida de créer une Fondation portant  son nom, quitte à mobiliser des amis, pour la mise en œuvre de cet établissement d’intérêt généra ou  d’utilité sociale.  

 

              Mais qu’est-ce que c’est une Fondation ? Pour le Père Norbert, en effet, une Fondation n’est pas un parti politique, c’est-à-dire elle n’a pas pour objectif de conquérir le pouvoir souverain, de l’exercer et de le conserver le plus longtemps possible. La Fondation n’est pas non plus une entreprise commerciale, c’est-à-dire elle n’achète pas des marchandises, pour les transformer, les vendre, afin d’obtenir des bénéfices financiers ou d’enrichir ses membres.  

 

              Par contre, la Fondation est une association établie par des personnes privées, exerçant des activités sociales, sans but lucratif, mais avec une intention humanitaire, tournée vers les populations éprouvées, comme celles de Sola et de ses environs.  

 

              Sur le plan fonctionnel, qui dit Fondation, dit  « poursuite  d’une mission spécifique ». Celle-ci est triple, du fait même qu’elle se déploie sous trois volets ou aspects principaux. D’abord, la mission de la Fondation consiste à construire un hôpital ou des hôpitaux, afin de subvenir à la santé médiocre de la population. Ensuite, il s’agit d’assurer des activités socio-culturelles, portant sur l’instruction des jeunes gens, afin que ces derniers ne puissent plus continuer à être victimes d’une ignorance encore et toujours préjudiciable. Enfin, il s’agit de réaliser des activités de nature économiques. La Fondation, en effet, a la ferme prétention d’apporter sa modeste contribution au  développement économique de Sola et du Buhemba. 

 

               Qui dit Fondation, dit aussi « participation de divers membres », apparaissant sous une structure à la fois organique et spatiale. La forme organique révèle au sein de la Fondation l’existence d’un Président et d’un Vice-président, d’un Secrétaire général, du 1er et 2ème Conseillers, d’une Trésorière et d’une Trésorière adjointe, d’un membre chargé des relations publiques et des deux membres chargés de questions techniques. Apparaissent encore un membre fondateur, des membres co-fondateurs et des membres d’honneur, ces derniers ayant été désignés pour leur sagesse. Parmi toutes ces personnalités, figurent des Révérends Pères, un Abbé, un Avocat, un Médecin, un Professeur d’université.  

 

             Quant à la structure spatiale, elle est une forme fonctionnelle, reposant sur des activités localisées à divers endroits, répartis sur les deux continents d’Europe et d’Afrique. En Europe occidentale (Allemagne, Belgique et France), opère le Président fondateur qui, multipliant contacts et négociations avec les partenaires de ces pays, bailleurs de fonds, réussit à obtenir le financement et l’envoi de containers, deux d’entre eux étant déjà effectifs. 

 

               Une fois arrivé à Kasumbalesa, à la frontière avec la Zambie, le container devient l’affaire de l’équipe de trois membres installés à Lubumbashi, siège administratif de la Fondation. Ce sont eux qui se chargent de le dédouaner et de le faire acheminer ensuite à Lubumbashi, puis à Kongolo et, enfin, à Sola, siège social de la Fondation et principal lieu de ses activités. A Sola, en effet, le container est reçu par une autre équipe de trois membres, chargés de mettre sur pied les structures de la Fondation et d’exécuter les diverses formes de sa mission spécifique.  

 

              A Kinshasa, se trouve installée la troisième équipe de membres d’Afrique, dont l’un est chargé des relations publiques. L’importance de Kinshasa est d’être la capitale de la R.D. Congo,  résidence officielle des  autorités politico-administratives, non seulement représentatives de l’institution étatique, mais encore et surtout garantes de l’état de droit, d’ordre public, de paix et sécurité, dont la Fondation a besoin, pour réaliser sa mission. D’où l’obligation pour la Fondation de se faire identifier par ces autorités, en obtenant d’elles des documents juridiques nécessaires à son insertion dans la société congolaise et à son  fonctionnement légitime.   

 

              Ainsi, la Fondation peut-elle en ce jour se réjouir d’avoir obtenu du Ministre de la Justice et des Droits humains la personnalité juridique, alors que le Ministre de la Santé Publique lui a déjà accordé l’Avis favorable et le Certificat d’enregistrement, en attente de la signature prochaine de la convention de partenariat. 

 

                A la demande expresse du Ministre de la Santé Publique, le projet de la Fondation, prévu à l’origine pour la Province de Katanga, a été promu au niveau national, avec possibilité de s’établir à travers toute la République Démocratique du Congo. Aussi, une injonction précise a-t-elle  été donnée par le Ministre, injonction de déposer un dossier complet de la Fondation, auprès de chaque Gouvernorat de Province, afin de servir de référence future, lors d’un établissement éventuel de ladite Fondation. 

 

               Qui dit Fondation, dit encore et enfin « usage de mayen d’action », qui est principalement financier. A cette fin, les membres de la Fondation se sont donné l’obligation d’une cotisation mensuelle. Mais, la somme d’argent ainsi collectée n’ayant jamais suffit pour le financement des projets, le Père Norbert s’est tourné vers les partenaires étrangers, allemands, belges, français et autres. Ce sont eux qui, avec leur  argent propre, achètent des équipements nécessaires, remplissent des containers, qui nous sont envoyés ensuite jusqu’à Kasumbalesa. Puis, par un effort financier personnel, la Fondation fait acheminer les containers de Kasumbalesa à Sola. 

 

              Au bout de ces nombreuses activités, initiées en Europe et relayées en Afrique, à différents niveaux et par diverses équipes, grâce à la volonté acharnée des uns et des autres, a été finalement construit le bâtiment de l’hôpital, dont nous avons la joie et le plaisir d’inaugurer en ce jour du 25 octobre 2015.  

 

              Ce premier bâtiment, ainsi terminé et présentement sous vos yeux, est destiné à l’administration de l’hôpital. Derrière lui, seront érigés deux autres pavillons, géométriquement perpendiculaires à celui-ci et parallèles entre eux, mais réservés à l’hospitalisation des malades, alors même que leurs extrémités  extérieures seront liées par une 4ème construction d’identique importance. Cette dernière servira de cuisine pour la nourriture des malades. En effet, la Fondation veut que cette nourriture soit préparée plus tard sur place, avec une interdiction stricte à quiconque d’amener des plats extérieurs.   

 

               Les quatre bâtiments formeront un espace carré, où sera érigé un château d’eau. Celui-ci sera chaque fois rempli, grâce soit à une adduction à opérer à partir d’une source, située à 900 m de l’hôpital, soit au forage d’un puits  à pratiquer dans la proximité. Il est à retenir, pour les populations voisines de Kibungo, Sola et Kilubi, le fait de pouvoir, elles aussi, bénéficier de cette eau.  

 

            Les quatre bâtiments, en outre, seront éclairés par les panneaux solaires, alors que l’usage de  groupes électrogènes se fera à l’occasion des interventions importantes, comme les opérations chirurgicales, les césariennes, les radiographies etc. Ici également, les mêmes populations de Kibungo, de Sola et Kilubi auront la possibilité de profiter de cette électricité.  

 

MESDAMES ET MESSIEURS, 

 

             Voilà l’historique et une brève présentation, que nous avons tenu à vous exposer, afin que vous puissiez avoir une certaine connaissance de la Fondation des Amis du Père  Mwishabongo Mukwanga Norbert. 

 

             Mais il nous faut profiter de cette occasion, pour demander à tous, aux uns et aux autres, de bien vouloir considérer cet hôpital, non comme celui du seul Père Norbert, ni comme celui des seuls membres d’honneur et membres co-fondateurs, mais plutôt comme votre hôpital, notre  hôpital à nous tous. Aussi, chacun de nous est-il instamment sollicité, dans la mesure de sa possibilité, à faire un don quelconque à l’hôpital, à l’intention des malades. 

 

              A l’imitation des partenaires d’Afrique et surtout d’Europe, qui n’ont pas hésité à nous offrir de gros containers  bien équipés, tentons de relever le défi de notre propre dignité par des gestes mêmes ponctuels ou infimes, mais pleins de sens symbolique, en apportant une poule, une chèvre, ou pourquoi pas une petite  somme d’argent. N’y a-t-il pas plus de joie à donner qu’à recevoir ? 

 

             MESDAMES ET MESSIEURS,  

 

              Je vous remercie. 

 

              Fait à Sola, le 25 octobre 2015 

Professeur YEZI Pyana-Fumu Charles
Chargé des relations Publiques de la Fondation


Accéder au diaporama des photos en cliquant dans la colonne de droite        

 

Planche_a

 

Planche_b